Disputable. Problématique, où il y a des raisons de part et d’autre. Cette question est disputable, on peut soutenir le pour et le contre.
Disputer. Se dit aussi en choses spirituelles et morales. Les Théologiens ont de tout temps disputé entre eux sur les questions de la grâce. On dispute aujourd’hui en Sorbonne, pour dire, on y soutient quelque chose.
Ce matin, écoutant les uns et les autres (entendons les experts) sur les frasques du parti socialiste français, l’idée m’est venue, comme souvent lorsque je ne comprends goutte aux propos soumis à mon oreille sourcilleuse, d’appeler le Furetière à mon secours. J’en ai extrait les définitions ci-dessus afin de me convaincre que décidément, ce qui fait défaut au parti incriminé, c’est une thèse susceptible de susciter une disputatio dont chacun sortirait, si ce n’est comblé, tout au moins satisfait d’une prestation prouvant le travail sérieux de sa pensée. Hélas ! Si peu de travail, conséquemment si peu d’abnégation de la part de celles et ceux qui ont cependant l’outrecuidance de clamer haut et fort qu’ils représentent encore le citoyen ordinaire qui n’en peut mais, quant à lui, de cette « démocratie participative », agitée devant ses yeux, sans que sa cervelle, bien entendu, soit également, en priorité, devrais-je dire, conviée à la fête ! Nous assistons à la déroute d’une gauche, dont Mitchels dénonçait, dans Les partis politiques, l’extrême propension à se retrouver prise au piège des lois d’airain. Mais, que faire lorsque la victime, magistralement, consent ?
De même que les femmes battues éprouvent quelque difficulté à entendre le discours de l’expert qui questionne leur adhésion plus ou moins volontaire à un ordre des choses qu’elles devraient a priori dénoncer, les socialistes français, aujourd’hui comme hier, n’admettent pas que certaines défaites méritent toute l’attention requise afin de les expliciter. Trop de travail, sans doute…
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